Le Centre Pénitentiaire de Gaillon  

 

La création du centre

L'administration impériale acheta l'ensemble des jardins et l'ensemble du château pour la somme de 90 000 Frs par décret du 03 décembre 1812. Le projet de faire de l'ancien Palais des archevêques de Rouen une maison de détention était né.  

D'importants travaux ont été nécessaires pour accueillir les premiers détenus. Le centre de Gaillon devait accueillir des hommes, femmes et enfants originaires des départements suivants : 

Eure, Seine-Maritime, Orne, Somme et Eure et Loir.

Ce n'est que le 5 novembre 1816 que la prison fut inaugurée. Les travaux furent réellement terminée en 1824.

Le centre devint très vite très important. On estime lors du congrès pénitentionnaire qui eut lieu à Gaillon le 7 juillet 1895 que de 1816 à 1895, 42 845 personnes ont été internées à Gaillon. 

Le ressenti de la population gaillonnaise 

Dès le début des travaux, les gaillonnais acceptèrent mal que leur ville soit ainsi réduite à abriter les détenus de la région. Ils craignaient en effet que l'image de la ville s'en trouve fortement dégradée. 

Les conditions de détention / des interdictions lourdes 

A cette époque, l'âge n'avait pas d'importance, seul comptait l'acte commis. On note par exemple à Gaillon, l'emprisonnement d'une fillette de 6 ans et d'une femme âgée de plus de 90 ans. 

Les détenus travaillaient toute la journée, ils étaient levés à 7h00 et avaient la permission de se coucher à 20h00. En ce qui concerne la pratique du culte religieux, seuls les offices catholiques étaient acceptés. 

Les loisirs offerts aux détenus étaient très restreints, il existait une bibliothèque à leur disposition contenant 720 livres.

Parmi les interdictions, la plus cruelle était l'interdiction formelle de parler. De nos jours, il nous paraît inconcevable d'imaginer une telle interdiction. Il était également interdit de fumer et de consommer de l'alcool et du tabac.  Ceux qui outre-passaient au règlement étaient soumis à des sanctions telles que la privation de nourriture ou le régime au pain sec. 

Gaillon : précurseur dans le soin apporté aux enfants et déficients mentaux

A partir du 25 septembre 1868, il fut décidé de séparer les enfants et adolescents des adultes. C'est ainsi qu'ils furent transférés aux Douaires, tout proche de Gaillon. C'était le début des colonies agricoles et pénitentiaires dont le but était l'éducation pour une réinsertion dans la société. 

L'histoire de la maison centrale de Gaillon est marquée par une autre date : 1876. C'est à cette date que fut inauguré un nouvel établissement inédit en France destiné à accueillir les déficients mentaux et les épileptiques. Cet établissement fut construit à l'emplacement des jardins hauts du château. On peut encore y avoir sa partie centrale appelée "maison grise". Les conditions de détention étaient biensur beaucoup plus acceptables, c'est pour cette raison que certains détenus simulèrent la folie pour y être transférés. 

Le centre pénitentiaire fut transformé en caserne à partir de 1902 pour accueillir le 28ème régiment d'infanterie. Les détenus furent transférés dans d'autres prisons de la région.

Un détenu célèbre à Gaillon : Mathurin Bruno 

De nombreux prisonniers politiques furent incarcérés à Gaillon parmi lesquels Mathurin Bruno pour s'être fait passer pour Louis XVII.