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L'histoire du château
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Gaillon au Moyen-Age
A l'origine, fortresse anglaise destinée à protéger la vallée de la Seine, Gaillon devient par la suite possession du roi de France. Cette fortesse servira de base arrière pour les armées françaises de Philippe Auguste lors du siège de château-Gaillard.
1262 : Gaillon : résidence archiépiscopale
C'est à cette date que le roi de France Louis IX cède la forteresse de Gaillon à l'archvêque de Rouen Eudes Rigaud. Gaillon sera la résidence d'Eté des archeveques jusqu'à la révolution.
1424 : La fortesse est quasiment rasée par les anglais durant la guerre de 100 ans.
1454 : Des ruines de la fortesse à la demeurre seigneuriale ...
Depuis son acquisition par l'archevêque Eudes Rigaud, un grand nombre d'archevêques se sont succédés sans pour autant apporter de réelles modifications à l'ancien château fort. C'est en 1454, grâce à Guillaume d'Estouteville que le château va se voir embelli pour devenir une très belle demeure.
Gaillon, premier rayon de soleil italien
L'inspiration d'un homme va changer à jamais le destin du château qui deviendra précurseur d'un art nouveau. Cet homme, c'est Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, Premier Ministre de Louis XII, légat du Pape et Vice roi du Milanais.
Dès sa première visite au château, le cardinal Georges d'Amboise, tombe sous le charme. C'est ici, à Gaillon qu'il va transposer son image de l'Italie. Émerveillé par ce qu'il a pu admirer en Italie lors des missions où a pu l'envoyer le Roi de France, le cardinal décide de reproduire sur le château de Gaillon toute sa vision de l'italie renaissante et de s'offrir un Palais Italien en Normandie, en plein cœur du Val de Seine.
Pour la construction du château, le cardinal de part sa proximité avec le roi fait appel aux constructeurs venus du Val de Loire dont Guillaume Senault et Colin Biart (Architecte du roi Louis XII, ayant travaillé pour les Châteaux Royaux de Blois et Amboise). Il seront rejoints par les plus grands artistes italiens et normands. Ensemble, ils construiront en moins de 10 ans un chateau extraordinaire pouvant rivaliser avec les plus belles demeures transalpines.

Gravure de la chapelle du château d'Israël Sylvestre
Ci-dessous, quelques éléments appartenant aux répertoire décotaif italien
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1. Représentation de dauphins / 2. feuillages stylisés / 3. visage grotesque / 4. fleurs stylisées en dessous de l'arc

Élément de décoration d'un des pilastres de la porte du Pavillon d'entrée
Les successeurs du cardinal continueront les travaux d'embellissement jusqu'à la Révolution française. Charles 1er de Bourbon notamment construira la Chartreuse de Bourbon-lès-Gaillon et la chapelle de Bethlém, et Jacques Nicolas Colbert, le fils du ministre de Louis XIV fera appel aux services de Jules Hardouin-Mansard, l'architecte du château de Versailles et au célèbre paysagiste Le Nôtre. .

Gravure d'Israël Sylvestre
Gaillon dans la tourmente révolutionnaire
1793 : Dépeçage du château : du trésor architectural à la ruine.
Comme d'autres monuments français, le château de Gaillon ne sera pas épargné par la révolution Française. Les joyaux du château seront détruits et seules les ruines, les gravures et les récits de ses visiteurs témoigneront de sa magnificence du passé.

Pavillon DELORME en ruine
Gaillon, au XIXème siècle
1812 - 1901 : Le château est transformé en centre pénitencier.
Du château Renaissance au centre de détention, il n'y a qu'un pas à franchir, et c'est Napoléon qui le fera en devenant propriétaire du château. Le pavillon d'entrée servit alors de dortoirs et la Galerie sur le Val fut fermée et servit de réfectoire.
1862 : Classement parmi les Monuments Historiques des parties anciennes du Château.
Gaillon au XXème siècle
.1901 : Fermeture du centre pénitencier : place à l'armée.
L'armée occupera les lieux et durant la 1ère guerre mondiale le château accueillera une garnison belge. Pendant la seconde guerre mondiale, le château est réquisitionné par les allemands qui le transforment en camp d'internement.
Gaillon, proprièté de l'Etat français
Sensible au sort de ce qui fut en son temps l'un des plus châteaux de France, l'État programme l'acquisition et la restauration du château de Gaillon en 1966. L'acquisition devient officielle le 17 Mars 1975.
1977 : Les travaux de restauration commencent et les éléments conservés à l'École de Beaux Arts de Paris reviennent sur leur lieu d'appartenance, le château de Gaillon renaît de ses ruines. Depuis cette date, le château se voit retrouver la splendeur de son passé glorieux.
RÉCITS ET TÉMOIGNAGES DU PASSE
Je vous propose de lire les témoignages ci-dessous de personnes ayant visité le château du temps de sa splendeur. Ces témoignages ont inscrit le château parmi les plus belles demeures de France.
Lettre adressée de Rouen par Alberto Rio (seigneur italien attaché à Louis XII) au Marquis de Mantoue en 1507 :
"En partant d'ici, nous irons à Gaillon, lieu de Monseigneur le légat, situé dans un lieu apte aux plaisirs de la volerie et aux chasses de toutes sortes, et où mon seigneur a dépensé pour son plaisir plus de cent mille écus à la construction. Il y a un parc, un jardin fait de la même manière que celui du roi, un château avec des logements dorés, fais à la manière d'Italie, avec une fontaine de marbre dans la cour et tous les autres agréments possibles. Ici, à Rouen Monseigneur a également fait un jardin et des édifices de toute beauté, en sorte qu'il montre bien dans tout ce qu'il fait son excellente grandeur d'âme. J'assure cependant votre seigneurie que dans aucun de ses lieux, ni nulle part en France, il n'y a aucun logement qui puisse se comparer à la maison neuve que votre seigneurie a faite a San sebastiano, que je n'ai pas vu achevée, mais dont je juge d'après le commencement que j'ai vu, ce qu'elle doit être".
Lettre rédigé par un des envoyés du Duc de Ferrare, Bonaventura Mosti au Duc lui-même en 1508 :
Gaillon, monseigneur illustrissime, est un lieu de la juridiction de l'archevêché de Rouen, qui était tombé en ruine. Et, comme il est dans un lieu d'un grand agrément pour toute sorte de chasse, monseigneur révérendissime le légat y a fait le plus beau et le plus superbe lieu qu'il y a fait dans toute la France. Sur la Porte d'entrée, il y a en bronze, l'expédition, bataille et entrée que le roi très chrétien a faites a Gênes. Au milieu de la cour, il y a une fontaine que l'on a fait faire à Gênes, la plus belle que j'ai jamais vue. Il y a en outre des colonnes dans ladite cour, et d'autre chose de toute excellence reçues d'Italie et mises en oeuvre ici, qui ne sauraient mieux convenir. Les plafonds des salles et des chambres sont dorés de différentes façon. Il y a 48 logements, tous tendus de tapisserie de monseigneur révérendissime le légat. Aux lits, les garnitures les plus riches, et il y a là les meilleures qui étaient à la cour de Milan, avec quelques ajouts... Il y a un très beau jardin, plat, fait par force en aplanissant une partie de colline, avec une très belle galerie longue de 244 pas, avec un beau pavillon au milieu dudit jardin, et au dessous une fontaine faite à Gênes. Joignant ce jardin, il y a un beau parc avec du gibier de toute sorte et au milieu une chapelle digne d'un roi. on dit que monseigneur révérendissime y a dépensé quatre vingt mille écus. Monseigneur Alberto Pio en fait faire un dessin pour l'envoyer à votre seigneurie".
Jacopo d'Artri au sujet de la grand vis du château :
"Aux angles, il y a 4 escaliers en vis (...) mais l'un d'eux, celui qui est à main droite lorsque l'on rentre et qui conduit à la chapelle et aux pièces principales, est tout en pierre ouvragée, à l'intérieur comme à l'extérieur, ajourée de manière tellement fine et subtile que l'on aurait pas fait mieux avec de l'or ou de l'argent, et que c'est merveille a voir".
Antonio de Beatis, visiteur italien au sujet de l'ornementation intérieure :
"Les couvertures des salles, chambres et cabinets sont travaillés de façon diverses avec beaucoup d'art et très riches, et celle de la chambre ou logea Monseigneur une nuit, après le départ du roi très chrétien, sur l'invitation de l'archevêque de Rouen, neveu dudit cardinal, est toute sculptée en bois de chene de façon à former des caissons en forme de miroir, avec des lambris sur tous les murs faits du même bois avec tant d'art, que bien que cette chambre n'ait pas une grande surface, elle a coûté douze mille francs.(...) Les salles sont meublées de telle façon qu'aucune ne manque de très belles tapisseries, ni les chambres, de velours, de satin, de damas, et de brocart dans le lit à baldaquin qui se trouve ne chacune d'elles et conforme au mobilier".
Récit d'un visiteur anonyme italien au sujet de la chapelle haute du château :
"Surtout, il y a en haut, une petite église, faite toute en marbre, sculptées et ornées d'innombrables figures de marbres fins, qui est la plus belle chose que l'on puisse voir. En entrant, dans la dite église à main droite il y a ceux de la Maison d'Amboise qui ont été d'Église et à gauche ceux qui ont été d'épée, tous sculptés en marbre".