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La Grande histoire du château
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Je vous propose de découvrir la fabuleuse histoire du château de Gaillon et de ses occupants en suivant la chronologie des rois de France.
1180 - 1223

Philippe Auguste
Richard Coeur de Lion retenu prisonnier par l'empereur d'Allemagne, Le roi Philippe Auguste profita de l'occasion pour s'emparer de plusieurs places fortes de Normandie dont le château de Gaillon. Il en confia la garde à Lambert Cadoc. A sa libération, Richard Coeur de Lion tenta de reprendre les places fortes conquises par le roi de France. Alors que Richard Coeur de Lion tenta de mettre le siège devant le château, Cadoc le blessa d'une flèche qu'il tira du haut de la forteresse. Blessé à l'épaule, il se retrancha pendant 1 mois.
Pendant le siège du château Gaillard en août 1203, autre place forte de Normandie, Philippe Auguste vint quelques fois à Gaillon pour surveiller les opérations militaires. Pour remercier Cadoc de ses loyaux services il lui céda la chatellerie de Gaillon. En 1220, Cadoc semble être tombé dans la disgrâce du roi de France et fut contraint de concéder tous ce qu'il avait acquis dont le chatellerie de Gaillon au roi de France.

1226 - 1270

Saint Louis (Louis IX)
1262 : Gaillon : résidence archiépiscopale
Eudes Rigaud (1257 - 1275)
Surpris par un orage en revenant d'Évreux, Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, trouva refuge au château de Gaillon à l'époque forteresse inhabitée. A la recherche d'une demeure pour protéger son trésor et ses richesses, Eudes Rigaud insista auprès du roi Louis IX, Roi de France et propriétaire du manoir féodal vestige de l'ancien château fort, pour acquérir la forteresse. C'est ainsi qu'il obtint en échange des moulins qu'il possédait à Rouen et de la somme de 4 000 livres le château. La somme fut donnée par l'archevêque au roi à Nevers au mois de juillet 1262. La forteresse de Gaillon devint la résidence d'Été des archevêques de Rouen.
En 1264, Eudes Rigaud vint souvent à Gaillon, il y reçut même le Roi Saint Louis, et en 1268, le cardinal évêque d'Albane, légat du Saint-Siège.
Le 30 novembre 1269, Eudes Rigaud visita pour la dernière fois le château de Gaillon avant son départ pour la huitième croisade le 15 mars 1270. De 1263 à 1269, il séjourna au total 130 jours à Gaillon.

1270 - 1285

Philippe III le Hardi
Guillaume de Flavacourt (1275 - 1306)

1285 - 1314

Philippe IV Le Bel
Bernard de Fargis (1306 - 1311)
Gilles Aycelin de Montaigu (1311 - 1318)

1317 - 1322

Guillaume de Durfort (1319 - 1330)

1328 - 1350
Philippe VI de Valois
Pierre Roger (1330 - 1339)
Aymeric Guenaud (1339 - 1342)
Nicolas Roger de Beaufort (1342 - 1347)
Jean de Marigny (1347 - 1351)

1350 - 1364

Jean II le Bon
Pierre de la foret (1351 - 1356)
Guillaume II de Flavacourt (1356 - 1359)
Philippe d'Alençon (1359 - 1375)

1364 - 1380

Charles V
Pierre de la Montre de la Jugie (1375 - 1376)
Guillaume de l'Estrange (1376 - 1388)

1380 - 1422

Charles VI
Guillaume de Vienne (1388 - 1407)
Louis d'Harcourt (1408 - 1422)

1422 - 1461

Charles VII
Jean IV de la Rochetaillée (1423 - 1429)
Hugues des Orges (1431 - 1436)
Louis de Luxembourg (1436 - 1443)
Rodolphe Roussel (1443 - 1453)
1454 : Le tournant décisif
Guillaume d'Estouteville (1454 - 1482)
Les anglais chassés de France, la paix commença à faire sentir ses bienfaits. Depuis son acquisition par l'archevêque Eudes Rigaud, un grand nombre d'archevêques se sont succédés sans pour autant apporter de réelles modifications à l'ancien château fort. C'est en 1454, grâce à Guillaume d'Estouteville que le château va se voir embelli pour devenir une très belle demeure qui sera nommée l'Ostel Neuf. La Tourelle d'Estouteville et le Pavillon d'Estouteville restent les seuls témoignages de l'Ostel Neuf.
A noter que c'est le cardinal d'Estouteville qui fut nommé par le roi Charles VII pour préparer la révision du procès de Jeanne d'Arc dans le but de sa réhabilitation en 1456.

1461 - 1483

Louis XI
Robert de Croixmare (1482 - 1494)

1498 - 1515

Louis XII dit "Le père du peuple"
1498 : L'heure de Gloire :
Georges d'Amboise (1498 - 1510)
L'inspiration d'un homme va changer à jamais le destin du château qui deviendra précurseur d'un art nouveau.
Dès sa première visite au château, le cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, Premier Ministre de Louis XII et Vice roi du Milanais, tombe sous le charme. C'est ici, à Gaillon qu'il va transposer son image de l'Italie. Émerveillé par ce qu'il a pu admirer en Italie lors des missions où a pu l'envoyer le Roi de France, le cardinal décide de s'offrir un Palais Italien en Normandie, en plein cœur du Val de Seine. Tout ce qui caractérise la Renaissance Italienne pourra être identifié sur le château :

1502-1509 : Les fondements de la Renaissance Française.
La construction du château va s'effectuer en 2 étapes :
1502-1506 : intervention de constructeurs venus du Val de Loire dont Guillaume Senault et Colin Biart (Architecte du roi Louis XII, ayant travaillé pour les Châteaux Royaux de Blois et Amboise).
1506-1509 : Prémices de la Renaissance Française : le château de Gaillon deviendra le 1er château italianisant en France.
Pendant cette période, sous la direction du Cardinal de nombreux artistes italiens (Pacello Da MERCOGLIANO, Jérome PACHEROT, Antoine JUSTE et Fra GIOCONDO) et rouennais (Pierre FAIN et Pierre DELORME et Pierre VALENCE) peintres et sculpteurs vont se succéder au château de Gaillon pour en faire une merveille architecturale sans précédents, le 1er joyau de la Renaissance française allait voir le jour.
D'après l'œuvre de Thierry Garnier : "Mémoires des deux cités : Gaillon Historique, de 1497 à 1509, 153 600 livres soit 14 millions d'Euros ont été investis par le Cardinal pour faire du château de Gaillon la demeure la plus luxueuse de France".

Gravure d'Israël Sylvestre
Les fiançailles de Claude et de François furent célébrées par le cardinal Georges d'Amboise le 21 mai 1506 au château du Plessis-lès-Tours. Le mariage eut lieu le 18 mai 1514 à Saint-Germain-en-Laye. Pendant toute la semaine, fêtes et réjouissances, joutes et tournois se succèdent dans la bonne humeur et la satisfaction générale. Dès le 25 octobre 1514, François Ier reçoit de Louis XII le pouvoir d'administrer la Bretagne.
1510 : Mort du cardinal Georges d'Amboise
Malgré le décès du cardinal, les efforts de celui-ci pour faire de Gaillon, le chef d'oeuvre architectural qu'il était ne furent pas anéantis. Les successeurs du cardinal continueront les travaux d'embellissement jusqu'à la Révolution française. L'un d'entre eux, le fils du ministre Colbert fera appel à Mansart et Le Notre pour embellir le château.

Tombeau du cardinal Georges d'Amboise, oeuvre de Roulland Le Roux et Pierre des Aubeaux
Cathédrale Notre Dame de Rouen / chapelle de la vierge

Gravure d'Israël Sylvestre

1515 - 1547

François 1er
Georges II d'Amboise (1513 - 1550)
A la mort de Georges d'Amboise, c'est son neveu qui fut nommé Archevêque, et il continua l'œuvre de son oncle en terminant les travaux notamment ceux de la Chapelle.
Le roi François 1er le chargea du gouvernement temporel de Normandie. François 1er et Claude de France se sont rendus à Gaillon lors du Tour de France qui a suivi la victoire de Marignan.

1560 - 1574

Charles IX
Charles 1er de Bourbon (1550 - 1590)
Nommé archevêque de Rouen en 1550, il est celui qui va réellement poursuivre le travail du Cardinal Georges d'Amboise. Il fit construire en 1571 une chartreuse non loin du château en bordure de la Seine sur la commune actuelle d'Aubevoye pour redonner sa suprématie à la religion chrétienne. Cette chartreuse qu'il nomma La chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon était considérée comme la plus belle de France. Des restes de la chartreuse sont exposés dans plusieurs églises du département, l'Église de Gaillon par exemple conserve sur son autel 3 angelots magnifiques en marbre blanc.
C'est ce cardinal qui commanda en 1566 au poète rouennais Nicolas Filleul une série de pièces de théatre intitulées "Les théâtres de Gaillon à la Reine" qui furent jouées au sein de la dite "Maison Blanche" du Parc du Lydieu, il y recevra Catherine de Medicis, Charles IX et le futur Henri III.

La Chartreuse de Bourbon-Lès-Gaillon
Charles 1er de Bourbon fut également à l'initiative de la construction de la Chapelle de Bethléem non loin du château. Vous vous demandez sans doute pourquoi avoir baptisé cette chapelle ainsi. Le cardinal l'a baptisé ainsi car il s'agit de la représentation à l'identique de la chapelle construite sur le lieu où est né le christ en Palestine. Les dimensions sont inférieures à celles de Bethléem mais le travail de reconstitution est remarquable. On y retrouve la grotte de la nativité en dessous de la chapelle. On ne sait pour quelle raison, cette chapelle fut totalement dévastée et fut saccagée de tous ses biens.
Le Cardinal de Bourbon avait fait construire en prolongement de la Galerie sur le val, une autre galerie appelée Galerie de l'archevêque qui permettait l'accès de la Maison Delorme au Pavillon Colbert actuel. Dans cette galerie, le visiteur pouvait admirer le portrait de chacun des archevêques de Rouen.

1574 - 1589

Henri III
Suite au meurtre d'Henri III, Charles 1er de Bourbon fut proclamé Roi de France par les Ligueurs sous le nom de Charles X le 2 août 1589 au château de Gaillon. Henri III l'avait en effet reconnu comme son plus proche parent, c'est ainsi qu'il devint héritier de la couronne de France. Il mourut après avoir été prisonnier dans divers châteaux du val de Loire la même année. Il meurt le 02 mai 1590 à Fontenay, sa dépouille fut transporté dans une des chapelles de la Chartreuse de Bourbon-lèz-Gaillon. C'est donc son neveu, Henri IV qui est couronné Roi de France en 1589.

1589 - 1610

Henri IV
Charles II de Bourbon (1590 - 1594)
A la mort du Cardinal, c'est son neveu qui lui succéda à la tête de l'archevêché normand. A sa mort en 1594, le château de Gaillon alors à son niveau de magnificence extrême devint sans propriétaire. C'est alors que le roi Henri IV qui avait eu l'occasion de le visiter en février 1590 essaya par tous les moyens d'en prendre possession. Propriété perpétuelle des archevêques de Rouen depuis Saint-Louis, il était impossible pour Henri IV de l'acquérir. Il tenta toutefois un subterfuge, il chargea son ministre Sully de nommer et de négocier avec le prochain prélat et le nom de l'Abbe Thiron fut avancé, ce dernier refusa la proposition. La 1ère tentative échoua. C'est ainsi que fut nommé Charles III de Bourbon à l'épiscopat de Rouen.
Afin d'embarrasser ce dernier et lui confisquer sa magnifique demeure, Henri IV, sûr que ce dernier refuserait, lui proposa de marier sa sœur Catherine avec le Prince de Bar, Henri, Duc de Lorraine pour lequel le clergé de France était très hostile. Mais, il accepta, la tentative avait une nouvelle fois échoué et le Roi dut renoncer à Gaillon.
Gaillon : Résidence royale : les visées d'Henri IV sur le château
Lorsque le Cardinal Charles II de Bourbon décède, Le roi Henri IV qui avait eu l'occasion de visiter la magnifique demeure en 1590 et 1594, engagea une opération immobilière de façon à pouvoir acquérir l'ensemble du château. Cette opération immobilière échoua, le château revient à son successeur légitime.
Charles III de Bourbon (1594 - 1605)

1610 - 1643

Louis XIII
François de Joyeuse (1605 - 1615)
Légat du pape Paul V en 1606, il prendra une part active à la réconciliation du Roi avec le Pape. Le 14 janvier 1606, il fut appelé à suppléer le pape à la cérémonie du baptême de Louis XIII et c'est également lui en 1610 qui orchestra son sacre et celui de Marie de Médicis à Reims.
François II de Harlay de Champvallon (1615 - 1651)
Passionné par la littérature, il créa en son château de Gaillon une académie, l'académie St Paul ainsi qu'une imprimerie. Grâce à cette imprimerie, le cardinal éditera le "Mercure de Gaillon", groupement de chroniques en l'honneur des Arts et des Lettres.
Il fera d'ailleurs graver un texte sur la façade intérieure du Pavillon d'entrée du château à la gloire du château. Voici ci-dessous, le texte dans sa totalité :
Consacré à la mémoire à la postérité à l'honneur, Gaillon, royal et par l'origine, et par l'usage et la majesté du lieu, jadis possession des rois de France, monument tant unique qu'éternel de la dignité de l'église et de la piété de la France et de la province de Neustrie, cédé en échange par Saint Louis à Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, solidement fortifié par la Cardinal d'Estouteville grâce à ce pavillon d'entrée, étendu et élevé en une imposante masse de bâtiments sur le haut de la colline par le légat d'Amboise grâce à la munificence royale de Louis XII avec le tribut de Gênes rebelle, illustrée par une étonnante fontaine de marbre reçue en présent des Vénitiens, orné non moins superbement que religieusement de sanctuaires, d'autels et de reliques de saints, agrandi grâce à la diligence des cardinaux de Bourbon, ennobli d'une remarquable bibliothèque en partie reconstruite après un incendie aux frais du cardinal de Joyeuse, aujourd'hui enfin par les soins actifs de son successeur, François de Harlay, décoré de vive main d'une vivante effigie de son oncle d'Amboise et doté de tableaux représentant les triomphes encore vivant de celui-ci, agrémenté par une adduction d'eau dans les jardins de bas de fontaines jaillissantes rénové ici et las par des ouvrages variés, chanté en un poème pastoral, dédié et consacré à l'étude des Muses sacrées et à l'Académie de Saint Paul fondée par lui pour l'usage des savants, en l'an de la chrétienté 1632, François de Harlay a fait graver cette inscription.

1643 - 1715

Louis XIV
François III de Harlay Champvallon (1651 - 1671)
Le 20 janvier 1650, l'archevêque reçut au château le roi Louis XIV accompagné de sa mère Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin, venue de Rouen pour pacifier la Normandie.
François Rouxel de Medavy (1671 - 1691)
Jacques Nicolas Colbert (1691 - 1707)
Ce cardinal, fils du ministre de Louis XIV, fit d'importants travaux au château notamment la construction par Mansart du pavillon qui porte son nom, le Pavillon Colbert.
Claude Maur d'Aubigné (1707 - 1719)

1715 - 1774

Louis XV
Arnaud Bazin de Bezons (1719 - 1721)
Louis de la Vergne de Tressan (1721 - 1733)
Nicolas de Saulx de Tavannes (1739 - 1759)
Ce cardinal est surtout connu pour avoir fait détruire la Fontaine du centre de la Cour d'honneur parce que par manque d'entretien elle n'était plus en état de fonctionner. A l'exception de cette triste destruction, il est à noter que ce cardinal a participé lui aussi à l'embellissement du château en continuant à l'entretenir.
Dominique de la Rochefoucauld (1759 - 1790)
C'est le dernier archevêque à séjourner au Château de Gaillon.

1774 - 1792

Louis XVI
Le château de Gaillon au cœur de la tourmente révolutionnaire
1792 - PROJET DU CHÂTEAU DE GAILLON : Refuge de la famille royale
7 Août 1792 : En pleine tourmente révolutionnaire, Louis XVI, la reine Marie Antoinette et leurs 2 enfants sont cloisonnés au château des tuileries sous haute surveillance suite à l'échec de leur évasion à Varenne. Toutefois, un nouveau projet d'évasion voit le jour sur l'initiative de Montmorin et Bertrand de Moleville (des fidèles du roi Louis XVI). Ce projet consiste à faire évacuer la famille royale au Château de Gaillon où elle demeurerait sous la protection du Duc de Liancourt qui commandait la Normandie. Ainsi, un sondage fut mené auprès de la population gaillonnaise. Ce rapport fut favorable, la population était fidèle à son roi. Ce plan d'évasion fut approuvé par le roi et la reine. La date fut fixée au 07 août 1792 dans la nuit.
Au dernier moment, ce projet fut refusé par Louis XVI toujours indécis. Il s'agissait pourtant de l'occasion ultime pour le roi et sa famille de se réfugier à l'abri des insurgés.
10 août 1792 : Les insurgés parviennent à pénétrer dans les Tuileries et à capturer le Roi et sa famille. Suite à ses émeutes, la famille royale se verra transférée au Temple. La monarchie française était dissolue.
1793 : Dépeçage du château : du trésor architectural à la ruine.
Comme d'autres monuments français, le château de Gaillon ne sera pas épargné par la révolution Française. Les joyaux du château seront détruits et seules les ruines, les gravures et les récits de ses visiteurs témoigneront de sa magnificence du passé.

Pavillon DELORME en ruine

1804 - 1814

Napoléon Bonaparte
1812 - 1901 : Le château devient propriété de l'État et se transforme en centre pénitencier.
Du château Renaissance au centre de détention, il n'y a qu'un pas à franchir, et c'est Napoléon qui le fera en devenant propriétaire du château pour 90 000 francs. Les architectes Dubut et Croust transformèrent l'architecture du château et le plongèrent encore plus dans l'oubli. Le pavillon d'entrée servit alors de dortoirs et la Galerie sur le Val fut fermée et servit de réfectoire.
1862 : Classement parmi les Monuments Historiques des parties anciennes du Château.
1901 : Fermeture du centre pénitencier : place à l'armée.
L'armée occupera les lieux et durant la 1ère guerre mondiale le château accueillera une garnison belge.
1925 : l'État se débarrasse du château...
En 1925, le château est vendu aux enchères par les soins de l'État. C'est à ce moment qu'il est acquis par un propriétaire privé.
Le seconde guerre mondiale venue, le château se verra réquisitionné par l'État pour accueillir des Républicains espagnols, c'est ensuite le 34ème Régiment d'infanterie qui occupera ses lieux. Sous l'occupation, les allemands en feront à nouveau une prison.
1945 : La guerre terminée, le château est remis à son ancien propriétaire.
1947 : Venue au château d'une délégation de la Commission supérieure des monuments historiques. On pensa à un plan de restauration qui ne verra jamais le jour.
De 1949 à 1955 : Le château est successivement vendu aux enchères à différents propriétaires privés.
1966 - 1967 : l'État programme l'acquisition et la restauration du château de Gaillon.
13 Mai 1970 : Acquisition du Château par l'État, une ordonnance d'expropriation est adressée à la propriétaire du moment. Une longue procédure judiciaire commence.

17 Mars 1975 : Acquisition devenue officielle, Georges DUVAL, architecte en chef des monuments historique commence à Gaillon une étude visant à préparer la restauration. Voici les propos de l'architecte dans son rapport officiel : " couvertures béantes, planchers effondrés, menuiseries arrachées, monceaux de détritus, pullulement de vermine".
1977 : Les travaux de restauration commencent et les éléments conservés à l'École de Beaux Arts de Paris reviennent sur leur lieu d'appartenance, le château de Gaillon renaît de ses ruines. Depuis cette date, le château se voit retrouver la splendeur de son passé glorieux.

(voir la rubrique : L'AVENIR)
RÉCITS ET TÉMOIGNAGES DU PASSE
Je vous propose de lire les témoignages ci-dessous de personnes ayant visité le château du temps de sa splendeur. Ces témoignages ont inscrit le château parmi les plus belles demeures de France.
Lettre adressée de Rouen par Alberto Rio (seigneur italien attaché à Louis XII) au Marquis de Mantoue en 1507 :
"En partant d'ici, nous irons à Gaillon, lieu de Monseigneur le légat, situé dans un lieu apte aux plaisirs de la volerie et aux chasses de toutes sortes, et où mon seigneur a dépensé pour son plaisir plus de cent mille écus à la construction. Il y a un parc, un jardin fait de la même manière que celui du roi, un château avec des logements dorés, fais à la manière d'Italie, avec une fontaine de marbre dans la cour et tous les autres agréments possibles. Ici, à Rouen Monseigneur a également fait un jardin et des édifices de toute beauté, en sorte qu'il montre bien dans tout ce qu'il fait son excellente grandeur d'âme. J'assure cependant votre seigneurie que dans aucun de ses lieux, ni nulle part en France, il n'y a aucun logement qui puisse se comparer à la maison neuve que votre seigneurie a faite a San sebastiano, que je n'ai pas vu achevée, mais dont je juge d'après le commencement que j'ai vu, ce qu'elle doit être".
Lettre rédigé par un des envoyés du Duc de Ferrare, Bonaventura Mosti au Duc lui-même en 1508 :
Gaillon, monseigneur illustrissime, est un lieu de la juridiction de l'archevêché de Rouen, qui était tombé en ruine. Et, comme il est dans un lieu d'un grand agrément pour toute sorte de chasse, monseigneur révérendissime le légat y a fait le plus beau et le plus superbe lieu qu'il y a fait dans toute la France. Sur la Porte d'entrée, il y a en bronze, l'expédition, bataille et entrée que le roi très chrétien a faites a Gênes. Au milieu de la cour, il y a une fontaine que l'on a fait faire à Gênes, la plus belle que j'ai jamais vue. Il y a en outre des colonnes dans ladite cour, et d'autre chose de toute excellence reçues d'Italie et mises en oeuvre ici, qui ne sauraient mieux convenir. Les plafonds des salles et des chambres sont dorés de différentes façon. Il y a 48 logements, tous tendus de tapisserie de monseigneur révérendissime le légat. Aux lits, les garnitures les plus riches, et il y a là les meilleures qui étaient à la cour de Milan, avec quelques ajouts... Il y a un très beau jardin, plat, fait par force en aplanissant une partie de colline, avec une très belle galerie longue de 244 pas, avec un beau pavillon au milieu dudit jardin, et au dessous une fontaine faite à Gênes. Joignant ce jardin, il y a un beau parc avec du gibier de toute sorte et au milieu une chapelle digne d'un roi. on dit que monseigneur révérendissime y a dépensé quatre vingt mille écus. Monseigneur Alberto Pio en fait faire un dessin pour l'envoyer à votre seigneurie".
Jacopo d'Artri au sujet de la grand vis du château :
"Aux angles, il y a 4 escaliers en vis (...) mais l'un d'eux, celui qui est à main droite lorsque l'on rentre et qui conduit à la chapelle et aux pièces principales, est tout en pierre ouvragée, à l'intérieur comme à l'extérieur, ajourée de manière tellement fine et subtile que l'on aurait pas fait mieux avec de l'or ou de l'argent, et que c'est merveille a voir".
Antonio de Beatis, visiteur italien au sujet de l'ornementation intérieure :
"Les couvertures des salles, chambres et cabinets sont travaillés de façon diverses avec beaucoup d'art et très riches, et celle de la chambre ou logea Monseigneur une nuit, après le départ du roi très chrétien, sur l'invitation de l'archevêque de Rouen, neveu dudit cardinal, est toute sculptée en bois de chene de façon à former des caissons en forme de miroir, avec des lambris sur tous les murs faits du même bois avec tant d'art, que bien que cette chambre n'ait pas une grande surface, elle a coûté douze mille francs.(...) Les salles sont meublées de telle façon qu'aucune ne manque de très belles tapisseries, ni les chambres, de velours, de satin, de damas, et de brocart dans le lit à baldaquin qui se trouve ne chacune d'elles et conforme au mobilier".
Récit d'un visiteur anonyme italien au sujet de la chapelle haute du château :
"Surtout, il y a en haut, une petite église, faite toute en marbre, sculptées et ornées d'innombrables figures de marbres fins, qui est la plus belle chose que l'on puisse voir. En entrant, dans la dite église à main droite il y a ceux de la Maison d'Amboise qui ont été d'Église et à gauche ceux qui ont été d'épée, tous sculptés en marbre".